Peut-être une reconversion au bout du confinement ?

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Une reconversion au bout du confinement? Voilà déjà plusieurs semaines que nous avons commencé le Bootcamp de The Hacking Project. Très vite, nous sommes pris dans l’ambiance et le niveau requis pour suivre ce bootcamp en développement web. A titre de rappel, le métier de développeur web est un des métiers à succès du moment. Les besoins sont tellement importants qu’il est facile de trouver un poste à plus de 30K d’euros l’année.

Etant à des milliers de kilomètres des principaux participants (je suis à Antananarivo / Madagascar), j’avais de l’appréhension sur comment faire la formation dans les meilleurs conditions. Mais après avoir suivi la période gratuite de trois semaines « Spécial confinement », la camaraderie, la curiosité et le défi imposés ont fini par convaincre de vouloir la terminer en entière.

Un moussaillon de chez THP

Il était déjà connu que la formation allait être intense. Il fallait du courage, mais à ce niveau, il en fallait plus pour terminer les 12 semaines. Pour un jeune adulte, c’est difficile. Pour un père qui fait aussi du télétravail, cela devient très rapidement extrêmement difficile.

Mais voilà, le concept est bien installé. La communication et tout le déroulement sont bien agencés. Cela permet à chacun de s’épanouir tant intellectuellement dans le code que socialement avec de nouveaux amis.

Je me suis inscris pour la version à distance. Cela m’a permis d’ouvrir de nouveaux horizons car j’ai pu rencontrer de nouveaux amis. Nous souffrons tous ensemble à chercher dans les cours, les indices laissés sur le net, chaque recoin de nos codes et de nos travaux. Dès fois, nous ne nous quittons que vers 1100 alors que le taf n’était pas bien encore avancé, surtout lors des fameux jours validants, où il fallait donner toujours plus, pour ne pas perdre les fameux jokers et devenir un pirate (et perdre son argent sans arriver au bout du tunnel avec les autres).

Une journée parfaite de THP

Pour illustrer une journée parfaite de THP, il faut être au clavier de bon matin pour finir bien tard le soir, surtout lors des journées où il faut valider un projet. Il faut compter dans les 10 à 12 heures par jour (pour une personne qui n’a pas codée auparavant et qui ne veut pas se faire larguer dès les premières semaines). Si tu ne sens pas ta tête tourner toute seule, c’est que tu n’as rien donné et qu’il te reste encore des choses à apprendre.

Donc, tu remplis ton premier formulaire de la journée (qui t’as aidé ?). Ensuite, tu as le cours et les exercices à faire. Il faut bien convenir avec les membres de ton groupe de travail à quelle heure se mettre au travail sinon tu perds des partages et des erreurs intéressants de tes collègues d’infortune. Tu risques surtout de rater des moments de cohésion qui se créent dans la difficulté lors des heures à chercher un petit truc qui cloche sur la toile, ou des petits trucs que Felix a oublié de mentionner (un peu à la façon de Mamie Mercotte dans l’émission le «  Meilleur Patissier »).

Dans tout cela, il faudra savoir agencer son temps. Il faudra s’organiser avec les autres et avec la famille. Car, lorsque ta petite fille de saute au cou alors que vous êtes tous en train de chercher un truc « difficile » sur la toile, tu peux t’énerver facilement ou lâcher prise rapidement. Mais la plupart du temps, mes deux petits bouts de choux m’ont laissé tranquille. Elles étaient contentes de voir leur père à la maison même s’il était cloué à sa chaise devant l’ordinateur. D’une certaine manière, cette liberté de pouvoir rester avec ma famille à la maison est une partie du travail de développeur web que j’apprécie et qui m’a attiré dans le code.

Un petit conseil pour vous les amis. Dès fois, il faut savoir prendre un peu de recul et prendre un temps de repos. Il y a des tonnes de choses à apprendre mais quelques pauses de temps en temps font du bien à l’apprentissage et au corps. Une petite séance de sport avec les enfants est fortement recommandée pour se détendre.

Faire l’apprentissage à Antananarivo

Pour compliquer un peu plus ma situation, je vis à plus de 10.000 km des principaux protagonistes de la formation. Bien entendu avec le confinement qui bloque tout le monde à la maison, cela atténue les choses. D’autant plus que lorsqu’on pense Madagascar, on pense plage de sable blanc avec des mers turquoises. J’arrête tout de suite les fantasmes, je suis à Antananarivo, la capitale. Même moi je me suis dit pourquoi je ne suis pas confiné à Fort-Dauphin, Nosy Be ou à Foulpointe (Des sites balnéaires de la Grande Ile).

L’autre difficulté lorsqu’on réside à des kilomètres de ses pairs de travail est la connexion. Dès fois, notre opérateur national a fait des siennes durant le début du confinement. Pourtant sans me vanter, Madagascar a l’une des connexions les plus rapides en Afrique.

Par contre, j’avais un avantage certain par rapport à mes autres collègues : le décalage horaire d’une heure. Pratiquement, j’avais toujours une heure de plus par rapport à la France. Donc quand tout le monde devait rendre les projets à minuit, moi je pouvais gratter jusqu’à 01h00 du matin. Bien entendu, après je me réveillais un peu plus tard. Il ne faut pas non plus trop tirer sur la corde.

Heureusement qu’il y avait les 12 semaines du confinement

Malheur des autres profitent souvent à certain. Pour ce confinement, je peux en dire autant pour moi. Je n’aurai jamais franchi le pas s’il n’y avait pas les semaines gratuites et la poursuite de la crise sanitaire. J’avais deux choix, soit je restais cloitrer chez moi, soit je me mettais à apprendre une nouvelle chose pour garder toujours de la lucidité. Au début, je ne voulais pas non plus de reconversion. Cependant, cela fait quelques jours que cela me turlupines dans la tête : changer de vie professionnelle à la fin du confinement. Peut-être pas changer directement, mais penser sérieusement à une autre orientation. J’espère pouvoir approfondir mes connaissances et mon savoir dans ce domaine après cette période d’urgence.

Apprendre le code est possible pour tout le monde même en reconversion

Apprendre n’est jamais facile, surtout sur des choses nouvelles ou presque nouvelles. Mais il ne faut jamais avoir peur de le faire dans la vie. En tant que parent, avec une carrière presque toute tracée et mes 36 ans, j’ai osé faire de nouvelles découvertes pour avancer vers une autre trajectoire peut-être. Dans les groupes où je travaillais, il y avait des jeunes d’à peine 20 ans mais aussi des moins jeunes. Au final tout le monde peut y arriver avec un peu de volonté.

Ce bootcamp a aboli pour moi de barrières importantes. Notamment sur le fait de pouvoir accéder aux mêmes informations et compétences que les apprentis développeurs du monde entier. Il m’a inculqué une nouvelle vision de voir les choses. Et il a renforcé mes convictions sur l’apprentissage et le partage de connaissances.

Je terminerai ainsi par ma devise dans la vie. Elle est bien reprise dans les valeurs ressenties lors du THP : « Ose savoir, je donne pour que tu donnes ».

 

Andria RAZAKANDREMA

Moussaillon à THP / Session 12 / 2020

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